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Précision
31/03/2008 22:11
Image trouvée sur Deviant-art
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Bientôt ici sera publié un second roman, il faut juste que je le retravaille comme il faut... Et en attendant je publierai ici quelques nouvelles, assez vieilles et qui pourront paraître gamines... Mais j'assume!
Rêveusement
Lunastrelle
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Aari, chapitre 19 + épilogue
03/03/2008 12:44
XIX : destins scellés
Quelle heure est-il ?
00h30 passées.
Mes parents savent que la nuit j’adore aller en forêt…
Donc je fais comme d’habitude, comme si j’allais camper à la belle étoile :
Je prends une couverture légère, de l’eau, et ma lampe.
Le tout dans mon sac Adidas !
Je sors silencieusement de ma chambre, pour ne réveiller personne.
Je pose un mot sur la table de la cuisine.
Je ferme doucement la porte d’entrée, me dirige vers l’appentis, pousse la barrière, et prends mon vélo.
Je me dirige à toute vitesse vers la forêt…
***
J’en profite pour faire un détour du côté de mon refuge, où le vaisseau d’Ethan a sommeillé pendant 3 ans.
La nuit est aussi étoilée que la dernière fois que nous nous sommes vus.
Il n’est pas là.
A moins qu’il l’ait désintégré.
Mais non Océane, son vaisseau n’a pas mis 7 heures pour venir jusqu’ici, c’est impossible !
Donc, s’il est là, ce dont je doute quand même, il est venu par le passage…
Je regarde une dernière fois, tristement, les vestiges d’un passé, d’un présent, et d’un futur entremêlés.
Je reprends mon vélo, et me dirige cette fois vers la cabane de mes grands-parents.
***
Ils l’ont construite alors que j’avais 3 ans. Mon grand-père a toujours aimé vivre dans la nature, et c’est pour ça qu’il a construit cette cabane en plein milieu de la forêt. Mais avant qu’il n’ait pu achever sa construction, il est mort dans son sommeil, ayant fait une attaque cérébrale.
Ma grand-mère a repris les travaux quand j’ai eu 5 ans. Pour un autre but cette fois-ci. Elle semblait un peu perturbée quand je suis venue la voir, une fois que la cabane fut finie, et elle m’a dit que beaucoup de choses avaient changé…
« Mamie, tu es fatiguée, ce n’est rien.
-Non, Océane, cette cabane jamais je ne l’aurais construite si je n’avais pas eu cette … »
Elle s’interrompit.
« Cette quoi ?
-Non, rien, tu es trop jeune pour que je t’explique.
-Allez mamie, dis moi !
-Tu le sauras le moment venu. »
Elle m’a regardée en souriant, mais avec beaucoup d’inquiétude. J’ai eu peur, j’ai un peu pleuré et je me suis précipitée dans ses bras.
Elle m’a serrée très fort contre elle, je sentais son parfum de violettes.
Nous étions assises sur un banc quand nous avons eu cette conversation.
***
Je pose mon vélo au pied de la porte.
Tant de souvenirs ont ressurgi pendant ma balade.
J’en ai le tournis.
Ne vaut-il pas mieux de revenir en arrière ? Ne vaut-il pas mieux enterrer le passé ?
Non, le passé a le droit d’être connu, c’est le présent et la réalité qui sont mortels, à mon sens !
C’est nous qui écrivons notre histoire, le passé n’est là que pour nous aider dans notre lourde quête : faire notre vie.
C’est un témoin de nos erreurs et de nos accomplissements, collectifs et personnels.
J’ouvre la porte, ayant un peu peur de ce qui m’attend.
Je suis venue en pyjama japonais, c’est à dire un haut tout simple et un pantalon léger.
Il n’y a rien à part un meuble et un lit de camps pour deux personnes.
Et je vois une personne allongée dedans.
J’éteins ma lampe, et m’approche.
Ethan…
C’est bien lui.
Je ne sais plus quoi penser, je m’assois au bord du lit, prête à m’évanouir.
Je le regarde.
Il est en tunique bleue, comme la dernière fois que je l’ai vu.
Il semble dormir profondément, sa respiration est régulière, je passe ma main au-dessus de ses paupières, il ne bronche pas.
Les rayons de la lune éclairent son corps souple et musclé et son visage elfique.
Il semble un peu tourmenté, mais je dois me faire des illusions.
Ses cheveux blancs sont éparpillés sur ses épaules, encadrant les contours de son visage et de son cou.
Les commissures de ses lèvres sont fermées, laissant juste passer l’air qu’il respire.
Je me remets à penser.
Cette histoire, dire qu’elle est restée secrète, alors qu’elle est importante, qu’elle annonce une nouvelle Ere, une nouvelle perception pour l’Humain !
Mais comme je l’ai dit à Ethan, ou plutôt, comme il l’a lu dans mes pensées, l’Homme n’est pas prêt à savoir cette vérité, il est trop jeune, trop inexpérimenté…
Ce changement se fait déjà, doucement, pour ne pas nous perturber.
Mais nous finirons par s’en apercevoir, de ce changement, parce que nous évoluons.
Je reviens à la réalité, je regarde de nouveau celui que j’aime.
Est-ce que lui m’aime encore ?
Qu’est ce que je fais ?
Je lui prends la main, la laisse sur mes genoux.
Cette situation est drôlement comique, me dit-je avec une certaine ironie amusée.
Et avant que j’aie eu le temps de réagir, cette main se referme sur mon poignet, l’autre main me prend par la taille et me fait basculer sur le lit.
« Hééé ! »
Il est au-dessus de moi, ses mains me maintenant fermement les bras.
Ses yeux plongent dans les miens, ils ont l’air si froids…
J’ai peur, qu’est ce qui se passe ?
Je pense tout bas : « Allô, maman. bobo… »
Mais ça va pas Océane, n’importe quoi !
Je ferme les yeux, je ne sais pas s’ils ont changé d’expression.
Je ne veux plus jamais revoir ce regard glacial…
Je fais semblant de m’être évanouie, d’ailleurs, là j’en suis pas loin…
Une main relâche mon poignet, et se perd dans mes cheveux, me caressant la joue.
« Océane… »
Et là, je sais qu'il sait, lui aussi, et nous n'avons pas besoin de mots pour tout nous dire...
***
Au début je ne vois rien. Tout est flou, cela faisait longtemps que je ne voyais plus rien dans mes rêves…
Puis le brouillard me mène dans une pièce aux lumières oranges.
Brouillard.
Je la reconnais avec un frisson désagréable.
Mais je continue d’avancer.
Qu’est ce que je fais ici ? Je ne suis plus prisonnière d’Aari, c’est fini ça !
Je me retourne, anxieuse.
Je tente de contrôler la terreur qui doucement monte en moi.
Non, ce n’est pas possible…
Un courant d’air glacial frôle mon visage. Je ferme les yeux, me retourne encore une fois.
J’ouvre les paupières.
Et je le vois.
Glacée d’horreur, ce visage me nargue, éclate d’un rire sinistre, et siffle :
« croyais tu que j’avais péri avec Aari ? Croyais tu que je m’étais perdu en son essence ? »
Je ne bouge pas, tétanisée.
Il s’approche de moi, son regard brûlant de folie violant mes pensées.
« Non, Océane, je suis toujours là, vivant, je reconstruirai un nouvel empire, vous, les Elus de l’espoir, je vous torturerai et me ferai un plaisir de vous aspirer votre énergie pour mon bébé, et toi, je te retrouverai… »
Son souffle est proche de mon visage, il chuchote alors, sa voix lourde de menaces et de promesses :
« …Ma fille. »
Je me réveille en hurlant. Mon tatouage me fait horriblement souffrir, jamais je n’ai eu autant mal depuis qu’il a tenté de me donner à Aari…
Je suffoque.
Ethan se réveille, me secoue doucement, me prend dans ses bras, me calme, et demande :
« Ca va ?
-Oui… »
Je lui raconte mon rêve…Qui n’en est pas un.
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Epilogue
L’aube se lève, pleine de promesses d’un jour lumineux. Elle éclaire de ses chaudes lueurs les feuilles des arbres, joue à cache-cache avec les oiseaux nocturnes qui retournent se coucher. Pendant que d’autres se réveillent et commencent déjà à jouer dans les fourrés et les airs…
Elle nimbe deux silhouettes marchant côte à côte., se dirigeant vers un village…
Je vais leur présenter Ethan.
Ils vont l’aimer.
Ma mère va enfin pouvoir voir de quoi il a l’air, mon amant, celui que j’ai cru avoir perdu à jamais.
Elle a eu confiance en moi, et elle ne s’est pas trompée.
Ce dernier me sert la main très fort, cette nuit encore, il m’a réitéré une ancienne promesse, qui est annonciatrice d’un danger pour nous deux, un danger qui se produira dans notre futur commun…
« je te protègerai… »
FIN
©Lunastrelle (Ecrit au cours de l'été 2006... Correction achevée en automne 2008 pour ce chapitre)
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Aari, chapitre 18
03/03/2008 12:42
XVIII : découragement et fin de la chasse au trésor.
Je suis dans une chambre, aucun doute.
Meublée avec goût.
La pièce est de dimensions modestes, et le plafond, d’une couleur grise comme celle des nuages, est arrondi. Les murs sont d’un orange crème, des objets étranges et d’une fascinante beauté sont posés sur des meubles aux contours courbés, sur l’étagère en verre au-dessus de moi est posé un bibelot gravé de runes.
Il est blanc.
A l‘intérieur il a une sorte d’écrin pour accueillir un objet rond…
Je sais comment rentrer chez moi, c’est déjà ça.
Je le sais, je le sens que c’est mon moyen de rentrer, à mon avis la pierre blanche m’a parlé…
Oula Océane !
Comment se fait-il que j’ai atterri dans cette chambre et pas autre part sur Eluna ?
Oui, ça y est, j’y suis, j’ai réussi à aller sur cette planète !
Aucune idée, mais de toute manière, c’est ici que je devais arriver…
Soudain, j’entends des bruits de pas.
Affolée, je me précipite sous le lit rond et aux draps blancs, à plat ventre.
Une personne entre.
Je vois des bottes à semelles fines, puis le bas d’une longue tunique bleue.
C’est un homme qui est entré.
Je me recroqueville sur moi-même.
Il se déplace vers un bureau en cristal vert pâle, et de là où je suis, je le reconnais.
Ethan !
Mon cœur bat la chamade.
Maintenant je sais pourquoi je suis arrivée ici.
C’était la chambre de son ancêtre ! J’en suis sûre et certaine !
Il semble chercher quelque chose, ses yeux sont inexpressifs, et brillent d’un éclat troublant.
Puis il s’approche du lit.
Le souffle suspendu, j’attends.
Il reste planté devant un moment.
Je déglutis.
J’ai peur qu’il me trouve, je ne sais pas pourquoi, il n’y a pas de quoi pourtant !
Il s’éloigne lentement, et sort de la pièce.
Peu après qu’il soit parti, un étau m’enserre le cœur, m’étouffe.
Il m’a oubliée…
Des larmes me montent aux yeux.
Je sors de ma cachette, revoit l’objet de runes, et l’envie de le jeter à terre me prend.
Je me ravise, juste à temps.
Je vais rentrer.
Lui rendre cette pierre de clairvoyance, je n’en ai pas besoin, à quoi bon garder un souvenir d’un être qui vous a oublié ?
Je la détache de mon cou, et la pose sur le lit.
Mais pourquoi suis-je persuadée qu’il m’a oubliée ?
J’ai vu une pierre blanche autour de son cou, et il me semble l’avoir vue aussi à Aari…
Je mets la mienne dans le bibelot, dans l’écrin, une lueur m’éblouit, la pierre blanche revient dans ma main, et je me retrouve dans…La chambre de ma grand-mère…
***
J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps, une fois rentrée, nourrie, et lavée.
Idiote, idiote !
Tu croyais quoi, hein ?
Qu’il allait te garder pour toujours dans son cœur ?
Qu’il allait chercher à te revoir ?
Qu’il allait regarder sous le lit pour voir si tu y étais ?
Je prends la lettre de mamie, pour la 100ème fois, pour comprendre…
Je la pose sur ma table de chevet éclairée par une lampe. Et, de rage, je renverse un verre d’eau sur la surface du meuble, inondant le socle de ma lampe, le cadre où est emprisonné ma photo de famille, et la lettre.
Je tombe à genoux, me tape sur les jambes, me tire les cheveux, me roule par terre…
Puis je me calme, me maîtrise, lentement.
Tu te fais des idées, Océane, tu es juste paranoïaque, comme d’habitude.
Ma certitude en plus me paraît complètement fausse, pourquoi vient t’elle semer le trouble dans mon esprit ?
Pourquoi ?
Assise par terre, les genoux ramenés vers moi, je tombe dans un sommeil agité…
***
Où suis-je encore ?
Je me trouve allongée dans un lit aux couleurs passées, et de lourds rideaux blancs me cachent la fenêtre.
Je me lève doucement, encore une fois je suis vêtue de cette robe blanche, que je portais déjà dans mon dernier rêve.
Car là, je sais que je fais encore un rêve, il n’y a pas de doutes.
Qu’est ce que c’est que ces songes ? C’est le deuxième en l’espace de quelques heures !
J’écarte les mousselines, je ne vois qu’un paysage morne, et vide.
Une petite boîte se retrouve à côté de moi.
Sur une table de bois blanc.
Je la prends, l’ouvre délicatement, et j’y vois de la poussière d’or.
J’ouvre la porte-fenêtre, me retrouve sur un balcon, dominant cette contrée déserte.
Sans réfléchir je sème cette poussière, le vent l’emporte au creux de ses houles, et elle va voguer, loin, loin d’ici.
Et le paysage change : la verdure revient, et un océan se forme lentement sous mes pieds.
Nature et Eau s’allient ensemble pour former une île perdue volant dans les airs.
Le soleil se couche en un magnifique kaléidoscope de couleurs parme et écarlate.
Je me retourne, et je me retrouve face à face avec…Grand-mère !
« N’aies pas peur, je suis venue te voir, en rêve.
-Mamie, mais…
-Chut, je vais t’expliquer. »
Elle est comme je l’ai vue à l’hôpital, habillée de blanc, ses cheveux gris flottants derrière elle.
Ses yeux verts pétillent de vitalité, comme si elle était en vie ! Un sourire illumine son visage parcheminé :
« Va au-delà des apparences, il y a toujours plusieurs sens derrière une phrase, il existe plusieurs univers parallèles, tous liés entre eux…
-Mais qu’est ce que tu me dis, mamie, je ne comprends pas…
-…Si un mensonge s’impose dans l’esprit, et si on ne peut le reconnaître, alors il n’y a qu’une seule chose à faire : en avoir le cœur net.
-Mais…
-Si tu es triste, c’est que tu as oublié quelque chose, tu as un inachevé…
Je la vois s’évaporer, tout comme le reste du paysage.
« Non, mamie, ne pars pas, j’ai tant besoin de toi…
-La vérité a plusieurs visages, ce n’est que l’Alpha d’un chemin que toi seule peut tracer.
-Mamie ! »
Tout a disparu, le vertige me gagne, mes paupières se ferment…
***
J’émerge de brouillard cotonneux…Qu’est ce que je fais par terre, assise en position fœtale ?
Ah, oui, je me souviens…
Ethan.
Mais pourquoi grand-mère est-elle venue me voir en rêve ?
Et qu’est ce que c’est que ce charabia, ou ses paraboles auxquelles je ne comprends rien ?
Je me relève, pour nettoyer les dégâts, et pour faire marcher ma cervelle sur ce mystérieux songe.
Et c’est là que je me rends compte.
La lettre est complètement vierge à cause de l’eau, l’encre est complètement partie.
Sauf une écriture noire.
Je comprends ce qui s’est passé.
Ma grand-mère a écrit avec du jus de citron, et ce dernier a imbibé le papier, et par miracle l’eau ne l’a pas délavé !
Et la lumière a réagi avec le citron.
Incroyable ! Moi qui ne vois ça que dans les romans policiers !
Je lis les caractères arrondis :
Sa mère ne l’a pas mis au courant du passage, c’est à toi de le faire une fois là bas…Laisse quelque chose qui lui appartient qu’il t’a offert, il lui demandera des explications …
Et c’est exactement ce que j’ai fait !
Mais j’ai toujours mal, j’ai besoin de savoir qu’il ne m’a pas effacée de son esprit, qu’il m’aime comme moi je l’aime…
Et je saisis le sens des paroles de mamie en rêve.
Je retourne la lettre, des caractères plus petits y sont inscrits :
Rends toi dans la forêt, dans la vieille cabane abandonnée…
©Lunastrelle (Ecrit au cours de l'été 2006... Correction achevée au printemps 2007)
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Aari, chapitre 17
03/03/2008 12:39
XVII : Jeu de piste
Je me rue jusqu’à la chambre, ouvre le tiroir de la coiffeuse, sculptée dans du bois de chêne, et m’empare de la boîte à bijoux. Je trouve des boucles d’oreilles, des colliers, des broches, des bracelets... Soudain, je prends un de ces derniers. Il est fait de roses blanches minuscules. Au centre du fermoir, il y a un espace vide. Je précise que la taille de la pierre est assez petite, à peine plus grosse qu’une perle de plastique. Le coeur battant, j’insère ma pierre dans l’orifice. Le bracelet émet une lueur. Je comprends qu’il faut que je plonge la pièce dans le noir pour comprendre. Je ferme les volets, calfeutre les trous avec des chiffons traînant à terre. Au début, je ne vois rien. Puis la lueur se met à rougeoyer, vers l’armoire ancienne. Je la déplace avec peine, elle est très lourde même vide et elle est dotée de deux miroirs. Essoufflée, je dirige le bracelet ( que j’avais enfilé à mon poignet), vers le mur, ainsi dégagé. Une rose (oui, je sais, que voulez-vous, je pense que c’est un symbole anodin qui nous montre le bon chemin pour les initiés !) se détache de la monotonie du mur jaunâtre, sous la lueur rouge. Je pose la main sur son coeur. Un passage s’ouvre alors. Je comprends pourquoi ma grand-mère a été mise au courant du passage... *** Je descends une volée de marches, manquant de tomber, mes tempes assourdies, et me retrouve devant un mur. Le passage se referme derrière moi à ce moment là. Je redirige mon poignet orné du bracelet vers ce dernier, mais la pierre se détache du bracelet, ayant accomplie sa mission. J’allume ma lampe torche. Je suis dans l’impasse. Je tâte le mur, puis le sol, que je trouve granuleux, puis les autres parois. Je tente de trouver un autre indice. Rien. Je retourne là-haut, mais j’ai beau pousser le mur, essayer de remettre ma pierre blanche dans l’orifice du fermoir, rien ne marche, et le passage ne bouge pas. Animée d’un désespoir naissant, je redescends, lentement. Ne panique pas Océane, ce n’est pas le moment ! Je pousse le mur, tape dedans, hurle après, rien n’y fait. Au bout de 15 autres minutes je commence à sangloter. Je m’assois au pied du mur, le corps tressautant à chaque pleur. Je parviens à me calmer, et je sombre dans une sorte de somnolence... *** Je me trouve dans un champ de fleurs. Ne me demandez pas comment j’ai pu arriver là, je n’en sais absolument rien ! Je reconnais ce champ, sauf que cette fois je vois tous les détails, qui étaient flous dans mon premier rêve où il apparaissait, j’étais encore à Aari… Elles sont de toutes les couleurs, et il y en a de toutes les variétés : Chrysanthèmes, Oeillets, Myosotis, Roses, Muguet, Dahlias, Anémones, Violettes, Iris, Jasmin, Absinthe, Hyacinthes, fleurs d’Orangers, Primevères… J’étais couchée sous un arbre, un cerisier en fleurs. Ses délicats végétaux d’un blanc immaculé se balancent tout doucement sous une brise agréable. Je me lève alors. Je suis vêtue d’une robe blanche, une ceinture verte noue la robe. Le ciel est d’un beau violet bleu, avec des teintes orange, et le soleil éclaire ce paysage de ses doux rayons jaunes rosés. Je ne vois aucune limite à ce champ. Bizarre. Le parfum des fleurs et du cerisier est léger, fleuri, captivant, je me sens revivre ! Il est chaud, recouvre d’une pellicule invisible ma peau nue. Un être apparaît au loin, vêtu d’une tunique blanche et bleue pastel. Ses longs cheveux blancs auréolent son visage d’elfe. Et ses yeux brillent de joie. Mon cœur manque un battement, mes yeux les reconnaissent. Ethan ! Je me mets à courir, mes pieds nus foulant la terre douce et l’herbe bleutée. Lui aussi se dirige vers moi à grande vitesse. Plus que trois pas à faire. Je me retrouve dans ses bras, nos deux visages souriants se regardent avec tout l’amour possible, ses lèvres s’approchent des miennes, je ferme les yeux… *** Je me réveille en sursaut, abrutie par la fatigue, engendrée par la peur. Ce n’était qu’un rêve, oh si seulement ça pouvait être vrai ! Mais une chose est réelle, de sûr, le paysage où j’étais, c’était un des paysages d’Eluna… C’était si beau, si paradisiaque ! Il faut que je me sorte de là pour peut-être un jour connaître cette planète et LE revoir ! Je me relève péniblement, constate que ma lampe de poche n’a presque plus d’éclat. Heureusement que j’ai pris des piles de rechange... Je commence à réfléchir. Bon, sur les murs, il n’y a rien, on ne peut pas pousser, par terre il n’y a rien non plus. Et au plafond ? Je braque la torche sur ce dernier. Rien. Déçue, je la baisse. Puis elle commence à clignoter. Je prends une pile, ouvre le couvercle de la lampe, ôte l’ancienne, mets la nouvelle, referme le couvercle. Je range la pile usagée dans mon sac. Ma main heurte ma bouteille d’eau. Une idée germe alors dans mon esprit, complètement insensée. C’est bien de la terre qui est sous mes pieds. Je prends ma bouteille, enlève le bouchon, et répands minutieusement la moitié du contenu sur le sol. Au début, il ne se passe rien. Puis l’eau forme des lignes, des courbes, s’incruste dans des trous invisibles à l’œil nu. Mamie savait-elle que je prendrai de l’eau ou quoi ? Un motif apparaît. Je constate qu'il s'agit d'un labyrinthe, et je dois en trouver la sortie. Mais l'entrée, elle est où? Ah, devant moi. Bon, je suis face au labyrinthe, le mur est derrière moi. Avec mon doigt je commence à cheminer. Après plusieurs erreurs il aboutit au pied de la marche d'escalier. Et maintenant ? Se pourrait-il que... Je commence à frotter le bas de la dernière marche, de la terre s’effrite sous mes doigts, et un trou apparaît... Sans hésiter j’y incruste la pierre blanche. Le sol se met à trembler, un mur surgit devant moi, me barrant l’accès aux escaliers, et l’apesanteur me maintient en bas. Je suis en train de descendre sous terre... *** Le sol s’arrête de bouger. Moi je reste là où je suis, retenant mon souffle. Puis le mur qui me servait d’impasse avant que je ne trouve comment faire s’ouvre, et j’atterris dans... Un jardin de roses souterrain... *** Grâce à l’humidité et aux rigoles d’eau, ces roses ont pu vivre... Mais n’ont t’elle pas besoin de lumière ? Je reprends la lettre de mamie, la relit, je trouve la réponse : ...Il existe des fleurs qui utilisent leur lumière intérieure pour s’épanouir, des roses éternelles au cœur de pierre de cristal, ces fleurs existent dans un conte d’enfant que je t’ai raconté étant petite, je te le lègue, il est... Oui, petite, je me souviens qu’elle m’avait raconté cette histoire, je l’ai trouvée merveilleuse. Je me penche vers une rose, et, oui, le cœur est une pierre blanche comme la mienne ! Je commence ma recherche, mue par une idée. Et dans un coin, cachée dans une flaque d’eau, j’entrevois une présence noire... Je la prends délicatement, ses doux pétales d’ébène chatouillant ma peau. Elle n’a pas de pistil... Je prends la pierre, la met dans le cœur vide, et une renaissance se produit... Ses pétales se décolorent en un blanc virginal, la rose se redresse de toute sa taille et, ensemble, des millions de lumières blanches baignent le jardin, donnant à l’endroit un air surnaturel, féerique. Les parois de leur cachette se colorent d’un bleu translucide, miroitant comme si c’était de l’eau. Les lumières que produisent les roses semblent danser, comme dans un ballet surréaliste. Puis elles forment un halo autour de moi, elles m’éblouissent, je sens que je...Vole ! Je vois des étoiles défiler devant mes yeux, une panoplie d’astres ! Puis tout s’arrête. Je suis à terre, les roses ont repris leur éclat normal. La rose que j’ai fait revivre est redevenue noire, la pierre blanche est par terre. Tout ça pour ça ? Qu’est ce que ça a changé ? Rien, absolument rien. Je ne comprends pas. Ma pierre blanche est brûlante, que se passe t’il ? Je regarde la flaque d’eau, et je remarque qu’une chose a changé… Une fragile pellicule de glace recouvre la surface emprisonnant la rose noire. J’ai froid, d’un seul coup un manteau transparent de gel se forme par terre. Je comprends alors que ma pierre blanche a capté toute la chaleur d’ici, pour une raison que je ne connais pas encore. Un déclic se fait. Mais oui ! Je reprends la lettre de mamie, et relit un passage. Tout concorde : …Seulement, ces fleurs ont besoin de repos, elles doivent connaître l’hiver et le sommeil pour que la barrière magique disparaisse, montrant alors aux hommes la terre de l’espoir… La terre de l’espoir, d’accord…Mais il n’y a rien à part ces parois humides maintenant gelées, ce passage d’où je viens, resté ouvert, et ses fleurs qui doucement s’éteignent pour trouver le sommeil ! Quelle différence ? Ce jardin je le parcours de long en large, il est entièrement clôturé par ces roches ! Je regarde alors au plafond. Une minuscule lueur traverse la roche. Exactement au centre du jardin. Elle est de couleur verte. L’espoir a pour couleur le vert, dans le conte d’enfant que mamie me lisait… Je m’avance au milieu, pour qu’elle éclaire ma silhouette. Ma pierre blanche alors interagit avec elle, une lueur immaculée en sort, se réfléchit je ne sais trop comment sur une paroi en face de moi, à côté de la flaque d’eau givrée, à droite de là où je suis venue tout à l’heure. Le sol tremble un peu, la roche se dissout, et laisse apparaître un tunnel, entièrement noir. *** Je marche silencieusement dans cette pénombre, ce couloir qui n’en finit plus. La pierre blanche est ma seule lumière, elle brille dans le noir. Où vais-je atterrir encore ? Où ce tunnel me conduit-il ? Aie ! Je me heurte à une surface dure, rugueuse. Un autre mur de pierre. Je me saisis de la lampe torche, que je n’ai pas osé allumer ici, si jamais un indice se révèle dans le noir. Mais là je crois que j’en ai besoin, de la lumière. Je la pointe sur le mur, qui est de brique. Je pousse de toutes mes forces. Il bouge, et s’ouvre avec un grincement. Un mur mécanisé. Je me retrouve encore devant un escalier de pierre. Mais qui semble monter à l’infini, je ne distingue pas la fin ! Je commence courageusement à monter les marches, courant au début, puis au bout d’un moment marchant, pour ménager mes forces. Celui qui a construit ses escaliers est complètement fou, ou alors veut décourager l’explorateur de continuer vers son but ! Je suis essoufflée. Une douleur se manifeste dans mes mollets, cela fait environ 15 minutes que je m’échine à monter ses stupides marches qui n’en finissent plus ! Je suis obligée de m’asseoir, un point de côté me vrillant le côté droit. Je me concentre sur ma respiration saccadée, malgré mes efforts pour la maintenir normalement. Quand je me sens de nouveau courageuse pour continuer, je me lève, et reprends ma fastidieuse montée. Oh ? Au loin, j’aperçois une porte ! Youpi !!! Je me précipite vers elle, même si mon point de côté est revenu, et une fois arrivée en haut des marches, je regarde le vide dans lequel ces marches descendent. Le plafond est indiscernable, même à la lampe torche. Je joue avec la poignée de la porte, qui est fermée à clé. Zut, comment je vais faire maintenant ? Et je remarque un trou à la place de la serrure. Je mets, machinalement, ma pierre blanche dans l’orifice. Et comme par magie, la porte s’ouvre ! Et je me retrouve… *** …Dans un immense sous-sol, ou laboratoire ! D’étranges machines aux allures futuristes sont entreposées là, pas un grain de poussière ne ternit leur éclat gris bleuté. Tout est gris sinon, et immense… Je marche à travers ce dédale de machines, qui apparemment ne sont pas d’origine terrestre. Une intuition me souffle qu’elles ne me serviront pas à ouvrir ce mystérieux passage. Mais pourquoi sont t-elles là alors ? Je reprends la lettre de ma grand-mère, et voici ce que j’y lis : ...Les apparences sont trompeuses, ce n’est pas parce que tant de choses sont devant nos yeux qu’elles serviront à l’avenir pour notre quête. Ce n’est qu’un subterfuge pour tromper les indiscrets. Vois-tu Océane, c’est ce qui s’est passé avec mon voisin… Oui, ce fameux voisin s’échinait à expliquer à ma grand-mère que les ingrédients pour faire une bonne potée de légumes étaient ça, et ça, et ça…Enfin, je ne vais pas vous raconter l’histoire, ce ne sont que des broutilles d’adultes et de cuisiniers, si elle m’a mis ça, en l’évocation du bon vieux temps, c’est pour une raison précise ! Donc j’entreprends de faire des recherches sérieuses, non du côté des machines, mais du côté banal de la pièce. Bon, qu’y a-t-il de "banal"? C'est le désordre, même si elles ont l'air neuves, des fils traînent par terre... Des fils électriques ? Ils viennent d'où? Ils ne viennent pas des machines, ni du sol, ni des murs... Encore une piste... Mais ça n'en finira jamais! Je continue ma progression, avec une pensée qui ne m’a pas du tout effleuré l’esprit depuis que je suis partie de chez moi : si je me perds, que vont devenir mes parents cette fois ? Ma mère peut-être comprendra que je n’ai pas disparu, mais comment va-t-elle le cacher à mon père et à ma famille ? Et qu’est ce que je vais trouver comme excuse si je reviens et que j’ai disparu depuis un bon moment ? Mon attention est tirée de ses questions morbides par…Une cage. Je dois entrer dans la cage, c’est ça ? Ca vaut le coup d’essayer, en tout cas. Elle est en bois et en métal. A peine ai-je posé mes deux pieds dedans que la porte se ferme avec brutalité. Paniquée, je me dirige vers elle, tentant de forcer. J’entends un drôle de bruit à l’extérieur de mon caisson, qui monte dans les aigus. Je me mets à hurler, les parois deviennent floues, je vois mon corps disparaître. J’ai l’impression de faire une chute. *** Je m’effondre à terre, complètement désorientée. Où-suis-je ? Je suis allongée sur une moquette mauve. Je me précipite vers mon portable, prise d’un doute. Il est éteint, alors que je l’avais laissé allumé ! Il n’y a qu’une seule explication. Je ne suis pas sur Terre.
©Lunastrelle (Ecrit au cours de l'été 2006... Correction achevée au printemps 2007)
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